La fondation Bill and Melina Gates avait fait couler beaucoup d'encre quand Bill avait annoncé vouloir mettre un terme à son action opérationnelle chez Microsoft pour s'occuper pleinement de la fondation que lui et son épouse avait crée 10 ans plus tôt. "Elle ne durera pas 5 ans" disait-on.
Encore aujourd'hui, les détracteurs ironisent sur le concept vu et revu du businessman enrichi qui se rachète une conduite.
Personnellement je vois les choses d'un angle complètement différent.
Pourquoi un entrepreneur qui a su développer son entreprise, faire les bons choix, les bonnes analyses et s'entourer d'une équipe de talents, ne saurait-il pas apporter à une entreprise "sociale" son savoir faire et ses qualités. Je dirai même plus, il est sans doute l'un des mieux préparés pour le faire.
J'admire et je respecte ceux qui s'investissent coeur et âme dans des ONG ou des associations humanitaires. Cependant j'ai souvent été un peu surpris du rapport aux budgets et aux résultats chiffrés qu'avaient certains responsables de ces ONG sur le terrain. J'ai conscience de la limite des chiffres dans certaines formes d' actions mais de mon point de vue, ils sont, même dans l'humanitaire, encore les plus parlants pour établir les évolutions d'une action et les résultats d'une équipe. C'est ce rapport aux résultats concrets que j'apprécie dans la génétique de la fondation Bill and Melina Gates.
En outre, un des problèmes majeurs des ONG est la rotation des effectifs. A partir d'un certain âge, les jeunes qui s'y sont investis pleinement pendant quelques années ont envie de construire une famille et un projet de vie, souvent incompatible avec la forme et les revenus qu'ils peuvent tirer de leur mission humanitaire. Ils quittent alors l'association pour ré-intégrer le monde du travail. Résultats : ce sont souvent des jeunes sans beaucoup d'expérience de gestion de projet que l'on retrouve sur le terrain. Il y a moins ce problème c'est sûr quand les moyens de conserver les talents suivent.
D'une certaine mesure, il est évident, qu'avec un tel budget de fonctionnement (70 Milliards de dollars, soit 20 fois plus que le budget biennal de l'OMS), une telle personnalité à sa tête et des employés d'experience à travers le monde, la fondation Bill and Melina Gates obtiendra très rapidement des résultats. J'en suis d'autant plus convaincu qu'une large part de cette argent correspond à son patrimoine personnel et que l'on ne gère pas de la même manière un projet lorsque ses propres fonds sont engagés.
Lisez ici la première lettre annuelle de compte rendu des actions de la fondation, vous pourrez y apprécier la simplicité des problématiques posés (même si certains critiquent encore la naiveté des objectifs), accompagné de nombreux tableaux et le besoin permanent de comparer des effets à des actions.
Et si Warren Buffet a légué l'an dernier la quasi totalité de sa fortune à la fondation Gates, et connaissant l'analyse mûrement réfléchie du bonhomme avant l'allocation de ses capitaux, je me dit qu'encore une fois le vieux sage d'Omaha a choisi son homme sur ses capacités de résultats par rapport à l'objectif du projet.